Qu’est-ce qu’Agentforce ? De Coworker à l’agent sur mesure
Agentforce est la plateforme d’agents IA de Salesforce. Concrètement, elle rend disponible des assistants capables de comprendre une demande, de choisir les actions à mener et de les exécuter directement dans votre CRM.
Depuis début septembre, Salesforce l’active par défaut dans les organisations éligibles. L’opération ne coûte rien et ne met aucun agent en service, mais les outils sont désormais là. Chez nos clients, la question ne tarde donc pas : par où commencer ? Quels types de projets peut-on mettre en place ?
Nous y répondons en distinguant trois niveaux, qui ne visent pas le même public et ne demandent pas le même investissement.
Les 3 niveaux d'Agentforce
Niveau 1 : Agentforce Coworker, l'assistant de vos équipes
Coworker remplace la barre de recherche de Salesforce. Il s’adresse à vos collaborateurs, et non à vos clients, et s’appuie sur les données de votre CRM. Contrairement à un agent, qu’il faut configurer action par action, il comprend nativement les métadonnées de votre org, y compris vos objets et champs personnalisés. Il s’adapte donc en général assez bien aux org très personnalisées.
Là où la recherche classique vous amène sur la fiche d’un compte, Coworker peut vous expliquer ce qui s’y passe. Un commercial qui prépare un rendez-vous peut lui demander ce qui a changé chez son client depuis sa dernière visite. Selon le compte, il pourra voir remonter une baisse des commandes sur une gamme, des réclamations en cours ou un échange interne au sujet d’une remise, voire obtenir une proposition d’ordre du jour.
Pour en estimer la valeur, partez de vos chiffres : combien de temps vos commerciaux passent-ils à reconstituer un compte avant chaque visite ?
Avant de l’ouvrir, auditez vos règles de partage. Coworker ne montre que ce que l’utilisateur a le droit de voir. Si ces droits sont trop larges, des informations que personne n’aurait cherchées se retrouvent résumées en quelques secondes.
Niveau 2 : les agents standard, prêts à l'emploi par métier
Un agent se définit comme un rôle, avec un périmètre, des instructions, des actions autorisées et potentiellement des règles d’escalade. Face à une demande, le moteur de raisonnement l’interprète, choisit les actions utiles et les enchaîne.
Un chatbot, lui, suit un arbre de dialogue écrit à l’avance, alors qu’un agent construit sa réponse au moment de la demande et agit directement sur vos données.
Salesforce fournit des modèles pour les usages courants, dont sept nouveaux présentés juste avant Dreamforce. Côté service, un agent peut par exemple suivre une commande, vérifier qu’un retour respecte votre politique commerciale, ouvrir le dossier, puis transmettre au conseiller ce qui sort du cadre. Côté vente, il peut qualifier les leads entrants et proposer un créneau. En interne, il peut prendre en charge des questions RH ou informatiques courantes. Tout dépend des processus que vous lui confiez.
Ces modèles peuvent s’adapter en quelques semaines, à condition que la matière existe. Un agent de service vaut ce que vaut votre base de connaissance. Si vos conditions de retour circulent en trois versions, il risque d’en retenir une, sans garantie que ce soit la bonne.
Niveau 3 : les agents sur mesure
Reste ce qui n’appartient qu’à votre entreprise. Selon vos métiers, cela peut être un assistant qui aide un commercial itinérant à créer un devis, comparer deux références ou faire avancer une opportunité depuis son téléphone. Aucun modèle standard ne couvre ce type de besoin. La valeur de ces agents réside également dans les organisations Salesforce où un grand nombre d’objets ou processus customisés ont été mis en place.
C’est ce type d’agent que nous construisons principalement chez 2PACE, et deux enseignements en ressortent.
Le premier concerne le découpage. Contacts, comptes, devis et opportunités n’obéissent pas aux mêmes règles, et un agent unique chargé de tout a tendance à les mélanger. Sur un agent commercial terrain, nous avons donc créé un sous-agent par sujet métier, plus un dernier qui recadre les questions hors sujet. Leur conception ressemble à la rédaction de fiches de poste, et relève autant du métier que de la technique.
Le second concerne la frontière entre l’IA et le code. Face à deux « Martin Dupont », un agent risque d’en choisir un avec aplomb, et de se tromper une fois sur deux, quel que soit le modèle. Mieux vaut lui retirer cette décision : une recherche Apex détecte l’ambiguïté, et l’agent demande alors une précision. Même logique pour les listes de valeurs, qu’une action Apex vérifie avant chaque enregistrement
Créez votre premier Agent dans Salesforce
Comprendre Agentforce : fonctionnalités et place dans l'écosystème Salesforce
Comment démarrer avec Agentforce ?
Un agent ne compense pas les faiblesses du système auquel il se connecte, il les rend visibles, et à grande échelle. Un Flow pensé pour traiter un enregistrement à la fois passera la recette sans difficulté, mais risque de céder le jour où un agent l’appellera en rafale.
Pour mesurer la valeur sans lancer de projet, Coworker reste le point d’entrée le plus simple, avec une licence Agentforce et des règles de partage vérifiées.
Pour un premier agent, retenez un seul cas d’usage, à fort volume et à faible risque, et nettoyez les données de ce périmètre seulement. Limitez-vous à trois à cinq actions, puis testez avant d’ouvrir aux utilisateurs. Faites-le aussi sur mobile : un agent ne s’y affiche pas toujours comme sur desktop, et c’est là que vivent vos commerciaux terrain.
L’erreur classique consiste à viser d’emblée un agent capable de tout. Nous préférons l’aborder comme un recrutement, avec un poste défini, une période d’essai, puis des responsabilités élargies.
Quels processus peut-on automatiser avec Agentforce ?
Les meilleurs candidats sont des processus fréquents, qui s’appuient sur des données fiables et dont les règles peuvent s’écrire. Selon vos équipes, cela peut être le suivi d’une commande, la gestion d’un retour, la qualification de leads, la préparation d’un devis ou les demandes RH et informatiques courantes.
À l’inverse, une décision qui engage l’entreprise gagne à rester entre les mains d’un collaborateur, l’agent pouvant alors se charger de préparer le dossier.
Agentforce, Einstein et IA générative Salesforce : quelles différences ?
Dans la pratique, Einstein désigne aujourd’hui les briques techniques de l’IA chez Salesforce, comme l’Einstein Trust Layer, qui encadre les données envoyées aux modèles, et vos utilisateurs métier ne croisent presque jamais ce nom. L’IA générative repose sur ces briques. Dans sa forme la plus simple, un modèle de prompt conçu dans Prompt Builder rédige un email ou résume un compte à partir de vos données.
Les agents Agentforce appartiennent à la même famille, mais vont plus loin : ils raisonnent sur la demande, puis choisissent et exécutent les actions qui modifieront votre CRM. Certaines de ces actions reposent d’ailleurs sur des modèles de prompt, que l’agent décide d’utiliser au bon moment. Pour un simple email, le modèle de prompt seul suffit donc souvent.
Dreamforce 2026 : AIforce, Claudeforce et Koa
Dreamforce s’est tenu à San Francisco du 15 au 17 septembre, et trois annonces méritent qu’on s’y arrête.
La plus importante s’appelle AIforce, une couche d’interface qui met votre contexte Salesforce (données, processus, droits) à disposition d’autres outils. Elle se décline dans Salesforce avec Coworker, dans Slack avec Slackforce, et dans Claude, l’assistant d’Anthropic, avec Claudeforce, aujourd’hui en bêta ouverte et sans tarif publié.
Salesforce a aussi présenté Koa, son premier modèle de raisonnement dédié au CRM, construit avec NVIDIA. Il est encore en pilote, avec une disponibilité visée cet hiver aux États-Unis : pour une organisation hébergée en Europe.
Enfin, selon Salesforce, Coworker a dépassé les 100 000 utilisateurs en 35 jours. Prudence toutefois : l’outil s’active automatiquement chez une partie des clients depuis août, et un utilisateur activé n’est pas forcément convaincu.
Notre lecture : vos équipes travailleront de plus en plus les données Salesforce sans ouvrir Salesforce, ce qui ne change rien au travail de fond, mais mérite un soin particulier.
Chez 2PACE, nous cadrons ces projets à partir de votre existant plutôt que d’une démonstration. Si vous vous demandez à quel niveau votre organisation peut se situer, parlons-en.
FAQ
Les vraies questions autour d’Agentforce
Non. Un administrateur peut créer un premier agent en langage naturel, en s’appuyant sur des actions standard et sur les Flows existants. Le développeur intervient quand le besoin se précise : une validation en Apex, une intégration avec un autre système ou la gestion des cas ambigus. Sur la plupart des projets, l’administrateur lance l’agent, et le développeur le rend fiable à grande échelle.
Non. Flow reste l’outil des processus dont la séquence est connue à l’avance. Agentforce décide de ce qu’il faut faire, Flow exécute la manière de le faire, et l’agent appelle d’ailleurs des Flows comme actions.
Non. Un nouveau modèle ne corrigera pas vos données, vos actions ou vos droits d’accès, alors que ce sont ces trois chantiers qui déterminent le résultat.
En prix publics, comptez 2 $ par conversation ou environ 0,10 $ par action en Flex Credits, deux modes qui ne cohabitent pas dans une même org. Les licences par utilisateur vont de 5 $ à 125 $ par mois, et Agentforce 1 démarre à 550 $. Le poste le plus souvent sous-estimé reste Data 360, sur lequel repose l’accès des agents aux données.